
Histoire

“OÙ VAS-TU COMTADINE FIÈRE ? JE VAIS AU VENTOUX CUEILLIR DES FLEURS POUR LA LIQUEUR QUE FAIT BLACHÈRE”

1835 - 1841
Je suis la plus ancienne distillerie de Provence. Mais je ne suis pas que murs et machines. Mon cœur bat au rythme de celui des gens qui m’animent. V.L Blachère, mon fondateur, et son fils, Auguste Blachère, m’installent, en 1835, au 14 rue Molière, en plein cœur d’Avignon. Souvent, je m’en évade et me laisse porter par le puissant parfum qui, au gré des vents, m’arrive des hauteurs du Mont Ventoux.
Sur ses versants croît une flore abondante et variée. Ses arômes s’épanouissent dans ma tête et pénètrent mon cœur. Ô délicates plantes du soleil ! Thym, romarin, marjolaine, mélisse, lavande… J’y puise pour mes liqueurs toutes les saveurs de la garrigue, toutes les senteurs de cette terre où tout est parfum et couleur.
Ces plantes aux vertus bienfaisantes sont reconnues en Provence depuis des générations, mais je garde précieusement mes secrets sur les alliances de ces simples. Mélanges et macérations s’accomplissent dans mes murs.
Mes premières liqueurs sont d’origine ancienne. Au XVIIIème siècle, un chimiste religieux, le révérend frère Imbert, inventait des produits aux propriétés curatives. Je m’en suis notamment inspirée pour élaborer mon eau d’arquebuse « La Magistrale ».
1951 - 1989
En 1951, à la suite de Louis Blachère, petit-fils d’Auguste Blachère, Louis Guiot prend ma direction. Ma production se diversifie alors avec le développement de vieux marcs : La « Réserve des Légats » et les Vieux Marcs de Provence « GROS CALAN ». Je me dote d’un nouvel apéritif anisé, le Pastis Marra, initialement créé par un confrère de l’Isle-sur-sorgues, « Michel Marra ».
Les pâtissiers de la région intègrent certaines de mes liqueurs à leurs créations. Mon Rhum « Zoulla », rhum pur de Martinique, agrémente de nombreuses recettes. Mon « Origan du Comtat » entre, lui, dans la composition d’un produit de notre terroir, les Papalines d’Avignon, fins chocolats au cœur liquoreux.
En 1960, je lance le « PAC Citron », sirop à base de sucre et de citron, sans colorants. C’est une véritable réussite dans toute la région, et dès lors, il devient mon produit phare.
On doit son nom, PAC Citron, à Louis Guiot qui le compose de chaque première lettre du prénom de ses enfants : Pierre, Annick, Christian et Colette. Chacun de mes produits a sa petite histoire !



1989 - 1993
En 1989, Jean-Claude Blachère reprend ma direction. Amoureux de la Camargue, il m’offre trois nouveaux alcools, reflets de cette contrée sauvage.
Ses vastes étendues, ses manades, taureaux noirs et chevaux blancs, ses flamands roses, sont autant de beautés qui l’ont inspiré.
Ma liqueur « La Camarguaise », à base de thym et de romarin de l’arrière pays, est issue d’une recette ancienne. L’apéritif « Lou Gardian » est un doux mélange de vin et de pêche. Quant à mon « Pastis Camarguais », il est un des derniers pastis fabriqué à l’ancienne. Ces trois breuvages restent dans l’esprit que je cultive et ajoutent à mon univers provençal, celui de la Camargue. Je m’évade. J’élargis mon horizon. J’innove aussi avec ma première bouteille sérigraphiée, pour « La Camarguaise ». Evasion et innovations font grandir ma passion pour toutes ces traditionnelles « potions ».
1993 - A nos jours
En 1993, portée par l’arrivée de mes nouveaux propriétaires, Sandrine Blachère et Raphaël Vannelle, je m’installe à Châteauneuf-du-Pape, village emblématique réputé pour son prestigieux vignoble, marquant ainsi le début d’un profond renouveau. Dynamisée par cet nouvel élan, j’aménage de vastes entrepôts, améliore l’efficacité de ma gestion et élargis mon secteur d’activité de Valence à Toulon. Je repense également l’identité de mes liqueurs centenaires : les bouteilles s’affinent et gagnent en élégance tout en conservant le charme et l’authenticité de leurs étiquettes d’origine.
Dans cette volonté de partage, j’ouvre un magasin dédié à la vente et à la dégustation, conçu comme un lieu chaleureux et chargé d’histoire, où se côtoient une ancienne balance à fûts, des distinctions du passé, des photographies de souvenirs et quelques rares bouteilles de mon « Thé au Magot », liqueur de mandarine aujourd’hui disparue. Sous l’impulsion de mes dirigeants, j’oriente ensuite mon activité vers la production de sirops, sans renoncer à la fabrication d’alcools, donnant naissance au « Fun Blue », sirop à base de sucre et d’essence de menthe, reconnaissable à sa couleur « bleu Méditerranée » et à son étonnant goût chlorophylle, rapidement adopté par les jeunes et devenu le digne petit frère du « PAC Citron ». Fidèle à mon âme provençale et guidée par l’innovation, je lance la gamme « Couleur Provence », déclinée en douze parfums tels que pêche, châtaigne, pomme, melon ou réglisse, puis j’élabore la liqueur « l’Ardéchoise », une crème de châtaignes inspirée par Jean-Claude Blachère, natif de l’Ardèche, et par mes précédentes explorations camarguaises.
En 2014 et 2015, animée par un désir d’ouverture toujours plus grand, je traverse frontières et océans pour porter haut les couleurs de la Provence, devenant à travers ma liqueur de lavande, mon marc de Châteauneuf-du-Pape et mes autres breuvages, un véritable ambassadeur de mon terroir auprès d’autres cultures. Aujourd’hui, forte de plus de 190 ans d’expérience, sans jamais oublier l’enseignement du passé, je regarde l’avenir avec sérénité.
