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- 05 juillet 2023
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Le sirop PAC, « c’est de la cuisine, pas de la chimie »
Le sirop PAC fête ses 60 ans cet été et, pour l’occasion, les bouteilles s’habillent d’étiquettes customisées par des artistes du Sud de la France.
Sur les terres de Châteauneuf-du-Pape, on ne cultive pas que le célèbre nectar… Sa robe à lui tire vers le jaune pâle, son goût légèrement acidulé rappelle celui du citron. Il se boit frais avec des glaçons, et sans obligation de modération… Quelque 800 000 bouteilles annuelles de PAC sortent de la distillerie A. Blachère, route de Sorgues, à la sortie du village. Le célèbre sirop est si prisé des Provençaux que beaucoup croient encore qu’il vient de Marseille…
Créé en 1962 mais commercialisé en 1963, le PAC (des premières lettres des prénoms des enfants de l’ancien propriétaire) souffle cette année ses 60 bougies. « L’idée de l’époque, c’était de créer une boisson rafraîchissante, désaltérante, ni trop sucrée ni trop acide », évoque Raphaël Vannelle, l’actuel dirigeant de la distillerie qui, au début des années 90, reprenait avec son épouse Sandrine Blachère l’entreprise familiale.
Soixante ans, ça se fête. En fan de bande dessinée et passionné d’art, Raphaël Vannelle a demandé à deux artistes qu’il connaît et qu’il admire s’ils voulaient bien prêter leur coup de crayon à des étiquettes. Sans hésiter, Claude Viallat, le Nîmois, et C215, le Carpentrassien, ont accepté le défi. Ils ont imaginé quatre étiquettes collectors, une pour Claude Viallat, trois pour C215. Quelque 15 000 bouteilles seront customisées sans perdre de vue l’esprit années 70 du packaging et distribuées de façon aléatoire.
« Pour ces 60 ans, je voulais aller vers l’art. Et je voulais aussi des artistes du Sud pour qui le PAC, ça évoque des choses. » Mais pas question de toucher à l’intérieur de la bouteille, à ce sirop qui, chaque année, gagne des parts de marché. « On progresse de 10 à 20 % depuis 20 ans. Ce n’est pas un produit à la mode, c’est un produit intergénérationnel qui bénéficie d’un capital sympathie. » C’est la boisson des vacances, de l’été. Celle qu’on ramène dans les valises en souvenirs…
« On est très sollicité pour nous racheter »
Les hausses des matières premières et de l’énergie ? Elle n’y échappe pas : 30 000 euros de plus cette année sur la facture énergétique et de fortes tensions sur le sucre. Mais pas question de céder aux sirènes du capital. « On est très sollicité pour nous racheter. On veut garder le contrôle de tout. Quand on fait rentrer la finance, on fait souvent rentrer des personnes qui veulent gagner de l’argent et c’est souvent au détriment des produits et des salariés. »
Aujourd’hui, la distillerie centenaire mise sur un développement à l’export pour ses alcools notamment. Du PAC, on en boit de Béziers à Toulon, d’Hyères à Valence… « On espère d’ici quelques années aller jusqu’à Nice et remonter jusqu’à Lyon. » Le couple nourrit l’espoir de passer le flambeau, d’ici une quinzaine d’années, à leurs enfants, Rose et Ronan. Pour que la distillerie A. Blachère demeure une entreprise familiale.